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Clef

Clef

Ce matin au réveil, une clef m’a été délivrée. Pas seulement dans ma tête mais dans tout mon corps. Elle a fait vibrer tout mon être tant par sa simplicité que par sa profondeur. « On incarne ce dont on a peur ».

On incarne ce dont on a peur. Peut-être est-ce une évidence pour certains mais je n’avais pris conscience à quel point cela se manifestait dans ma vie. Tout ce que je crains s’ancre dans ma réalité. Tout ce que je rejette prend sa place dans différentes situations du quotidien. Chaque jour en vérité je suis enseignée. Mais encore faut-il avoir le courage d’observer cela en soi. Parce que c’est là que réside la clef de la clef. Je crains les gens violents. Quelle forme de violence se présente à moi ? Quelle forme de violence est-ce que j’expérimente à travers l’autre ?  Le jugement, des idées arrêtées, la moquerie, la médisance, l’humiliation, le contrôle, le mensonge ? A chacun de creuser aussi loin qu’il le peut.

J’ai pu observer une personne de mon entourage qui par peur que ses idées ne soient pas considérées les imposent avec violence. Par peur de l’autoritarisme devient elle-même autoritaire. Ses idées peuvent être fondées et tout à fait recevables mais la façon dont elles sont véhiculées ne laissent pas le choix à la discussion. C’est une vision de la vie qui s’érige comme LA vision de la vie, comme la seule voie possible. Or nous savons bien que de multiples réalités sont envisageables et beaucoup d’entre elles nous dépassent, nous n’en avons même pas conscience. Ainsi c’est en analysant le comportement de cette personne que j’ai eu cette prise de conscience ce matin. Je ne suis pas encore pleinement parvenue à porter ce regard de franchise sur moi. Mais l’évidence m’a frappée. A plusieurs reprises, cette personne se montre agressive à mon égard pour exprimer ses idées et la première réaction de mon corps est de se mettre en mode auto-défense et intérieurement de montrer les crocs.

En prenant un peu de hauteur, un peu de recul, je ressens derrière l’agressivité la peur. Et en me demandant ce que cette peur pouvait bien vouloir témoigner, cette image de l’enfant empêché de s’exprimer librement face à un parent autoritaire m’est apparu. Mais attends…n’aurais-je pas moi aussi ce vécu en commun ? Par peur de ne pas être entendue et considérer dans ma singularité, dans ma façon de pensée unique, je me suis sentie rabrouée. On m’a cloué le bec. Pas une fois…toutes les fois où j’exprimais, peut-être maladroitement ma réalité intérieure. Celle par laquelle je percevais le monde. Y’a-t- quelque chose de mal à percevoir le monde d’une certaine manière lorsque l’on est enfant ? Non bien sûr. Nous découvrons, nous nous imprégnons de différentes essences et le parent est là pour nous amener à façonner notre vision du monde selon ses valeurs. Plus ou moins universelles, plus ou moins personnelles, auto-centrées. 

Mais quand les valeurs du parent ne résonnent pas avec les nôtres, jusqu’à quel point allons-nous renier ce que nous ressentons ? Jusqu’à quel point allons-nous éteindre notre flamme intérieure ? et ne plus écouter notre petite voix. Parce qu’entre enseigner à un enfant et lui imposer notre vision du monde il y a un grand écart. Combien de parents ont su préserver chez leurs enfants leur capacité d’analyse, de discernement, d’esprit critique ? Combien ont su les amener à penser par eux-mêmes quitte à ce que leurs points de vue soient différents du leur ? Combien ont façonné l’enfant jusqu’à ce qu’il correspondent à leur propre intériorité, vision du monde pour se rassurer eux-mêmes, pour se dire : je ne suis pas seul.e à penser comme cela. 

Là où l’individu cherche à se rassurer en prenant appui sur l’extérieur, c’est qu’il n’est pas en contact avec sa vérité intérieure. Parce que lorsque c’est le cas, nous ne cherchons plus de validation extérieure auprès de qui que ce soit.

Ainsi pour revenir à ma pensée du jour, l’image qui m’était présentée m’apparaissait très clairement : on incarne ce dont on a peur. L’étape suivante est maintenant de voir avec les yeux de la vérité là où j’incarne ce dont j’ai peur. Parce que là où se pose les yeux de la vérité, le mensonge à nous-même n’a plus prise et une libération peut s’enclencher.

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