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Dispersion

Dispersion

Aujourd’hui j’ai pris conscience de la raison pour laquelle je me dispersais et donc de la raison pour laquelle je ne concrétisais pas les projets de mon cœur.

La vidéo d’un entrepreneur m’a éclairée sur le sujet. Il répondait à la question d’une personne qui témoignait elle aussi de sa capacité à développer une multitude de projets en même temps et de rencontrer des difficultés à les faire avancer tous. Ce qu’a mis en lumière cet entrepreneur c’est que derrière la volonté de créer de nouveaux projets se cache parfois une procrastination positive. De celle qui nous donne bonne conscience. Puisqu’après tout les projets sont tous en lien les uns avec les autres. Comme moi avec la peinture, le dessin numérique, la vidéo. Et là, il y a quelques jours, l’appel à répondre à un appel à projets de land art.

Et derrière cette procrastination, il y a la volonté de ne pas se confronter à l’effort.

Quand on commence un nouveau projet, on est dans une phase euphorique, où les idées affluent, où tout semble facile, excitant et tout semble couler de source. Après le démarrage, il y a la phase qui peut s’apparenter à un marathon ou comme lui la nomme : la traversée du désert. C’est souvent à ce moment là de l’histoire que l’on quitte le navire. Ne souhaitant pas se confronter à la difficulté, l’idée de démarrer un nouveau projet peut se manifester et subtilement nous donner l’illusion que nous n’avançons pas parce que nous sommes des puits de créativité en ébullition alors qu’en réalité nous fuyons.

Nous fuyons la difficulté, nous fuyons l’effort, nous fuyons aussi ce qui nous donnerait pourtant l’opportunité de progresser et de grandir. Car c’est dans ces moments de tension que nous pouvons contacter nos ressources intérieures, nous dépasser et faire émerger ce petit plus qui fait que nous acquerrons un peu plus d’expérience et de maîtrise.

Dans le sport par exemple, il est conseillé de concentrer l’effort sur les dix dernières minutes de la séance et d’y aller à fond. Alors que c’est typiquement le moment où l’on a envie d’arrêter parce qu’on estime avoir assez donné. Et pourtant c’est juste là que nous allons grimper une marche supplémentaire et développer du muscle.

Puiser dans ses ressources, ce n’est pas se faire violence mais juste sortir de cette zone de maîtrise pour aller chercher un peu plus encore. Et donc vivre parfois l’inconfort pour cela.

Ce qui m’a amené à visionner cette vidéo c’est justement l’apparition d’un nouveau projet dans mon esprit et surtout la non envie de m’investir sur ceux déjà existants. Le discours de cet entrepreneur m’a tellement éclairée que j’ai réussi à tourner une séance de créativité alors que je n’avais pas d’idée au départ et je vivais l’expérience comme une contrainte. Et je me suis même dépassée à cet instant, en improvisant totalement l’exercice partagé. Cela a été une émanation de mon être en direct et j’ai pris beaucoup de plaisir à la réaliser.

C’est intéressant d’observer que lorsque l’on veut s’arrêter avant la difficulté, elle nous paraît infranchissable. Alors qu’en y allant quand même, en l’absence d’enthousiasme et presque par devoir, la magie opère et l’effort fourni se transforme en récompense

Aucune entreprise ne croît sans persévérance. La joie n’est pas tout le temps au rendez-vous. C’est souvent entre deux joies justement qu’il faut tenir bon et se rappeler notre intention première et continuer à être dans l’action plutôt que d’accepter le renoncement parfois un peu facilement. Le mythe de la facilité doit laisser place à une vision plus réaliste, plus responsable et plus sage du développement de soi. Au risque de passer notre vie, à côté de nous, faute de n’avoir su entrer en nous et aucun chemin n’est pas demandeur…c’est aussi ainsi que l’on développe notre force.

 

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