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Maîtrise

Maîtrise

Hier, j’ai eu une grande prise de conscience.

Ce qui me fait vraiment défaut dans la vie et notamment dans mon relationnel, c’est le manque de maîtrise émotionnelle. Je n’avais pas réalisé à quel point j’en manquais et à quel point cela était présent dans de nombreux domaines de la vie…partout en fait. Et c’est pourquoi ces dernières années, un peu fatiguée par des expériences semblant répéter un  même schéma douloureux et sans fin, je me voyais bien rejoindre un monastère en haut d’une montagne…ou une grotte, comme Alexandra David-Néel. Au moins, perchée sur mon promontoire à méditer toute la journée, personne ne viendrait me titiller. Une part de moi savait qu’il s’agissait d’une belle stratégie d’évitement. Mais où se trouvait donc la solution ?

Il est certain que de mon point de vue, on ne peut prétendre à aucune maîtrise émotionnelle sans bâtir un minimum de fondations intérieures. C’est-à-dire, savoir s’aimer suffisamment pour ne pas se dénigrer, s’estimer suffisamment pour ne pas se comparer sans cesse, avoir la foi suffisamment pour ne pas perdre espoir quand un événement critique pointe le bout de son nez. Et cela se construit. C’est ce que j’ai fait depuis mes 21 ans. Mais voilà, force est de constater que l’imparfaite que je suis est toujours à bord de montagnes russes quand il s’agit d’interagir avec l’extérieur. Comment sortir de ce mécanisme infernal ?

Le secret de la liberté réside dans la maîtrise. La maîtrise de notre énergie. Dans quelle direction l’oriente-t-on, quel but sert-elle ? Sans maîtrise, sans intention consciente en chaque instant de ce que l’on souhaite faire, dire, être, on est tel des automates et notre inconscient ou l’inconscient collectif va agir pour nous. Alors, autant choisir d’être à la barre de notre navire. Mais cela demande un investissement qui peut paraître fou. En même temps, personne n’exige rien de nous. C’est une affaire avec soi. Je veux davantage de sérénité, de paix intérieure, chaque jour, un peu plus dans ma vie. Je n’ai pas dit demain. Alors, je me mets en chemin humblement, et je continue de gravir les marches de l’ascension.

J’évoque la maîtrise émotionnelle parce que c’est celle qui me chamboule le plus et aucun d’entre nous ne peut prétendre avancer seul. Nous avons vocation à avancer ensemble, à nous soutenir, à nous encourager, à nous aimer. Mais à vrai dire, cette maîtrise peut s’appliquer à de nombreux domaines de notre vie : la pratique d’une activité sportive, les habitudes alimentaires, la création artistique.

Hier, j’ai compris pourquoi en début d’année, je m’étais mise à peindre des portraits réalistes. Non que le style me passionne même si j’aime le résultat, mais surtout pour le processus créatif. L’exigence que cela sous-tend. Peindre un portrait réaliste demande de la concentration. C’est réellement un état méditatif. Si ton esprit se disperse alors tu ne peux pas avancer. Et sans me le dire, je pense que l’appel à la maîtrise se faisait déjà ressentir.

Entre les aspirations secrètes du sage et du guerrier samouraï, je comprends cet appel intérieur à ancrer davantage de maîtrise dans mon quotidien, dans mes gestes, dans mes pensées, dans mes paroles…dans mes écrits. J’ai toujours imaginé pour se faire, évoluer dans un temple au pays du soleil levant, auprès d’un maître qui m’entraînerait chaque matin. Mais en fait, les conditions sont déjà réunies. Pas besoin de décor particulier. Le guerrier pacifique évolue quel que soit l’environnement, quelles que soient les circonstances et les personnes qui échangent avec lui.

L’entraînement est déjà en cours, avec ce qui t’entoure, ici et maintenant.

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