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Mon centre perdu

Mon centre perdu

Après cette longue balade où j’arpentais un nouveau chemin, je redescendais le coeur léger jusqu’à chez moi. La liberté est vraiment intérieure. Je vois en quelques heures combien l’on peut passer d’un état de grisaille intérieure sans perspective et motivation à un panorama 360° pour ne pas dire multidimensionnel, qui nous offre toutes les directions possibles. Nous sommes les créateurs de notre réalité et sommes responsables de notre état d’être. Il faut l’entendre comme nous sommes ceux qui avons les clés de notre libération. Et c’est une bonne nouvelle !

A peine arrivée dans mon foyer, il m’a fallu peu de temps pour me connecter aux réseaux sociaux et autre mails et je n’ai même pas eu le temps de dire ouf que j’observais mon mental mouliner ou ruminer. Comment avais-je pu quitter cet état d’être merveilleux en seulement quelques minutes ? Mais que s’était-il donc passé ?

J’ai ouvert une page de journal pour écrire et comprendre. Le simple fait de me connecter sur Internet par réflexe m’a fait être happée dans une direction puis une autre. Un visuel, une vidéo, un slogan, un écrit a dévié ma conscience et en moi a commencé un dialogue de comparaison très insidieux. Et quand ce dialogue démarre, il ne va pas s’arrêter de lui-même. C’est à nous d’être fermes et de le faire ceser. Est-ce que toutes ces paroles sont vraies ? Ont-elles un sens en plus ? Me portent-elles vers la plus haute expression de moi-même ? Dialogue destructeur qui m’emmène dans des couches très basses de fréquence où la joie de vie s’est évaporée. Les papillons dans le cœur sont remplacés par des fléchettes. Aïe, outch, ça fait mal.

C’est en écrivant que j’ai pris conscience de cette perte de centre qui a opéré très vite. Si l’on n’est pas vigilant, on est en permanence dévié de ce que l’on compte faire. De ce que l’on compte faire dans l’instant et à plus large échelle, de la direction de notre vie.

Cela m’a frappée d’être observatrice de cela en temps réel. Je réalise que je suis déviée en permanence de nombre de mes actions en écoutant ce dialogue intérieur plutôt que de rester focalisée sur l’action que je suis en train de mener. Cela m’amène à considérer aussi pourquoi je rencontre régulièrement des blocages créatifs dans la peinture. J’ai des élans à peindre certaines thématiques et puis l’envie s’étiole et je m’arrête. Mais cette envie initiale est-elle bien partie de mon centre ? Ou bien de l’extérieur ? Je voudrais trouver mon style en peinture mais je suis sans cesse déviée par les créations d’autres. Je m’inspire, je me remplis d’images extérieures et puis rapidement je perds mon centre.

Il est temps que je décide fermement de ne plus être la proie des chemins de traverse et que je garde mon axe. Il me semble que beaucoup de choses sont faites pour nous détourner de notre légende personnelle, comme des tentations sur le chemin. A chaque fois que nous nous arrêtons pour regarder, nous pouvons prendre le risque d’être tentés de découvrir un peu plus et quitter ainsi notre route principale.

Il n’est pas nouveau de savoir que les réseaux sociaux et la consommation de contenu sur Internet est énergivore. On y passe des heures sans s’en rendre compte. Et pendant ce temps-là, vit-on réellement notre vie ? C’est compliqué de trouver l’équilibre je trouve.

Par exemple, je suis revenue sur les réseaux sociaux en 2018 / 2019 après avoir tout quitté en 2013, ne supportant plus d’être aspirée par les écrans. J’y suis revenue pour partager mes créations et principalement pour cela. Mais force est de constater que même avec l’intention de partager du contenu créatif et non personnel, on peut se faire happer par le contenu des autres comme le chant d’une sirène sur un marin.

Mon objectif avec les ateliers de créativité que je développe est aussi une manière d’inviter les personnes à se débrancher de l’activité on-line pour connecter davantage avec leur intériorité. Privilégier l’organique à l’artificiel. Le paradoxe étant de passer par les réseaux sociaux pour cela. C’est le temps pour moi de créer une communauté, de me faire connaître mais pas une fin en soi.

Alors le conseil que je peux te donner – comme à moi – si tu es aussi une personne qui se décentre facilement, est d’être bien focalisé sur le pourquoi de ta présence sur Internet et de ne pas cliquer juste par curiosité sur l’image ou le titre qui t’appelle. A moins que tu ne fasses une recherche et que tu ne te laisses porter par le contenu au hasard grâce auquel on peut aussi faire de belles découvertes. Je parle plutôt de ces fois où tu te dis « tiens il faut que j’envoie un mail » ou « je vais mettre une musique » et deux heures plus tard tu te retrouves face un couple qui danse la bachata (n’empêche ils dansent super bien !).

Un autre conseil complémentaire serait de faire une to do list d’actions à réaliser dans la journée. Avec cela à l’appui, le fait de te fixer des objectifs peut aider à ne pas te disperser.

Juste par curiosité, je vais compter le nombre de fois en une journée où mon attention est portée sur autre chose que mon intention initiale !

Partage-moi dans les commentaires si toi aussi, tu vis ce syndrome du « centre perdu ».

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